C’est grâce à une invitation de Matthieu Collard, lancée début 2001 aux dramaturges, d’imaginer une pièce à partir de faits historiques, que j’ai écrit celle-ci. Des quatre dossiers proposés, l’affaire Thibaut a retenu mon attention. Pour deux raisons. D’abord, par la vivacité de la narration et l’intérêt manifeste de Geoffroy Le Clercq pour ce fait passé dans la relation duquel il arrive à ménager un suspense et une émotion d’ordre psychologique. Ceci sans avoir recours à la fiction. Ensuite, par ce qui me semble une dualité chez le personnage masculin de l’affaire, ce Séraphin Thibaut accusé de viol, puis acquitté. Alors que Hortense, la victime, raconte la violence de Séraphin, celui-ci donne une tout autre version, ambiguë. Cette ambiguïté de Séraphin me montra d’emblée le sujet dune pièce.
En un jour, fin janvier, j’en écrivis quelques pages où, face au personnage de Hortense, Séraphin apparaît dédoublé. Dialoguant tantôt avec elle, tantôt avec lui, cette troisième personne se demande non sans surréalisme si Séraphin la cyniquement inventé pour se disculper ou si, double, il existe à l’insu de celui-ci, comparable à « La Bête humaine » de Zola. Ensuite, j’imaginai le monologue de Hortense. Car mes premières pages (devenues le second Acte) ne laissaient que peu de place à la jeune fille. Il me fallait lui rendre justice. L’aimer en essayant d’éprouver ce quelle avait pu ressentir dans les années suivant le viol. Grâce à l’archaïque héritage féminin et à mon empathie naturelle, je m’identifiai spontanément à elle.
Merci et merci encore pour cette collaboration top niveau. La qualité du service, de l’accueil, des propositions, des solutions et surtout de la mise en page vont nous obliger à revenir… Le professionnal...